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Full text of "La relique de Molière du cabinet du baron Vivant Denon ..."

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LA RELIQUE DE MOLIÈRE 



IMPRIMÉ A PETIT NOMBRE. 

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Cette Lettre a paru pour la première fois dans le numéro du 
I er juin 1880, de la Revue Le Moliériste (Seconde Année). La 
rédaction, dans la réimpression que nous en flonnons ici, a été 
revue et complètement remaniée par l'auteur. — A. A. 



1MP. A. AUPETIT, A CHATKAUROUX. 



LA 



RELIQUE DE MOLIÈRE 



DU CABINET 



DU BARON VIVANT DENON 



PAR 



M. ULRIC RICHARD- DES A1X. 



Portrait du Baron Vivant Dençn, 
dessiné et gravé à l'eau-forte, par lui-même. 



<&&■ 




A PARIS, 

CHEZ VIGNÈRES, éditeur d'estampes, rue de la MONNAIE, 21, 

(AU premier); 

et chez ARNAUD et LABAT, libraires, 
palais-royal, 215. 

1880. 



MADAME LA COMTESSE 



ARTHUR DESAIX 



Née Marie de Girardin. 



Ma chère Tante, 

Vous êtes née et ave\ grandi dans ce châ- 
teau d'Ermenonville, résidence si connue de ces 
Girardin, pour lesquels le culte des Grands 
Hommes fut, de tout temps, une Religion. 

Chaque matin, de votre petite chambre de jeune 

fille, vous ave{ eu sous les yeux cette admirable 

vue du lac, des cascades et de — tout au 

loin! — l'île des Peupliers, où brille, à travers 

les arbres, le petit point blanc du tombeau de 
Jean-Jacques. 

Votre cœur de femme est resté pénétré de ces 

grands et poétiques souvenirs. 



Sous quelle invocation plus bienveillante, plus 
efficace, pourrais-je placer cette Histoire d'un 
« Reliquaire » expressément consacré à d'illustres 
mémoires, et qui se trouve, si heureusement, 
aujourd'hui, en votre possession ? 

Daigne^, je vous prie, me permettre de vous 
en offrir officiellement la Dédicace, et me croire, 

Ma chère Tante, 

Votre très respectueux et bien affectionné 
neveu, 



Ulric Richard- Desaix. 




LA RELIQUE DE MOLIERE 

DU CABINET 

DU BARON VIVANT DENON 

1747-1825 



A Monsieur Georges Monval, 

Archiviste de la Comédie-Française, 
Directeur de la Revue Le Moliériste. 



Monsieur , 

'avez demandé, cet hiver, de 

onner, par lettre, des rensei- 

nts sur le degré d'authenticité 

sut offrir aux Fidèles du Mo- 

■ le Fragment d'os de Molière, 

actuellement conservé par un membre de ma 

famille. Si, réellement, cette communication doit 

intéresser vos lecteurs, rien, pour moi, n'est plus 

simple et plus aisé que de vous la transmettre. Je 

souhaite seulement qu'elle leur agrée. 

Ce curieux petit débris se trouve enchâssé, en 



8 La Clique de cMolière. 

compagnie de beaucoup d'autres, non moins pré- 
cieux, dans un Reliquaire gothique, en cuivre doré, 
d'un travail élégant, de la fin du XV e siècle, ou 
du commencement du XVI e , — lequel provient, — 
par ricochet, — du célèbre cabinet du Baron 
Dominique Vivant Denon, Membre de l'ancienne 
Académie de Peinture (de 1787 à 1793), puis de 
l'Institut de France (Académie des Beaux-Arts), 
(de i8o3 à 1825) ; 

Membre • Fondateur de l'Institut d'Egypte 
(1798- 1800); 

Directeur-général (pendant plus de quinze ans) 
des Musées Impériaux et Royaux , de la Monnaie 
des médailles, de Sèvres, des Gobelins, etc. ; 

Officier de la Légion d'honneur ; 

Chevalier des Ordres de Saint- Anne de Russie, 
et de la Couronne de Bavière ; 

Auteur du Voyage dans la Basse et la Haute- 
Egypte, pendant les campagnes du général Bona- 
parte en 17 g S et 179g, etc. (1). 

La dispersion de cette collection, à jamais 
regrettable, et qui eût été si digne, à tant de titres, 
et par sa richesse, et par le goût si sûr du savant 



(1). — Vid. dans l'Appendice, imprimé à la fin de cette Lettre, 
un Relevé bibliographique des diverses éditions, tant françaises 
qu'étrangères, du Voyage de Denon, — relevé plus exact et plus 
complet que celui du Manuel de Brunet (Tome II, colon. 599; 
dernière édition, 1860-65). 



La Clique de ^Molière. 



qui l'avait formée, de devenir une propriété na- 
tionale, eut lieu, au feu des enchères, dans les 
appartements du Baron Denon, — 5, quai Vol- 
taire, (i) — en 1826, quelques mois seulement 
après le décès de l'illustre Collectionneur. 

Le Reliquaire en question fut, à cette vente, 
acheté par un marchand, commissionné par le 
Comte de Pourtalès-Gorgier. — Il lui fut adjugé, 
divisé en trois lots, pour la somme totale de (les 
frais de vente et de commission, naturellement, 
non compris dans ce chiffre) : 5,o3o francs (2). 

M. de Pourtalès le conserva, [religieusement, 
jusqu'à sa mort. 

A la vente de la Galerie-Pourtalès, en i865, — 
le Reliquaire repassa de nouveau sous le marteau 
des Commissaires-priseurs. 

Il fut mis sur table, — sous le numéro ig58 du 
catalogue des Objets d'Art, — à l'Hôtel de Pour- 

(1). — Cette maison appartenait au comte de Mosbourg, dont 
le fils occupe aujourd'hui l'appartement même de Denon. Elle 
porte actuellement le N° 9. 

(2). — A la dernière heure, je reçois du Conservateur du Musée 
de Versailles, M. L. Clément de Ris, le spirituel historiogra- 
phe de ces Amateurs d'Autrefois qu'il nous a si bienfait revi- 
vre, cette obligeante communication: « En 1826, le N° 646 
(Reliquaire), a été divisé par lots, au moment de la vente. 
L'exemplaire du Catalogue, que je possède, porte trois prix : 
830 fr., — 2,400 fr., — 1,800 fr.; et le nom de Hazard, qui 
était un marchand commissionnaire, derrière lequel se cachaient 
4es véritables acquéreurs. » 



io La Clique de ^Molière. 



talés même, 7, Rue Tronchet, où se faisait la 
vente, — devant une salle à peu près vide, le 
lundi i3 mars i865. — Ce jour-là, tout le flot des 
curieux habituels des grandes ventes publiques 
s'était porté sur les boulevards et aux Champs- 
Elysées, attiré au dehors par la cérémonie à grand 
spectacle des obsèques du Duc de Morny, dont le 
service funèbre se célébrait, — justement à deux 
pas de la rue Tronchet, — en l'Église de la Made- 
leine, précisément à la même heure. 

Le Reliquaire fut donc adjugé sans grand 
tapage. 

Ce fut M. le Comte Arthur Desaix, petit-neveu 
du héros de Marengo, qui l'obtint, — pour la mo- 
dique somme de 3oo francs. M. Desaix, dans le 
salon duquel je l'ai, depuis lors, vu, touché et 
admiré, maintes fois, en est encore aujourd'hui 
l'heureux possesseur. 

Vous saurez tantôt en quoi ce Reliquaire inté- 
ressait particulièrement le Comte Desaix. Mais, tout 
d'abord, revenons, s'il vous plaît, au Baron Denon, 
le créateur de cet Objet de « haute curiosité. » 

Voici, premièrement, comment est décrit le Re- 
liquaire (Numéro 646 des Monuments historiques) 
dans le catalogue de son cabinet (1), dont Fimposant 

(1). — Description des Objets d'Arts qui composent le 
cabinet de feu M. le Baron V. Denon : Estampes et Ouvrages 
à figures, par Duchesne, aîné ; — Monuments antiques, histo- 



La THçlique de cAfoltère. n 

* - — . , . 

ensemble ne comprend pas moins de trois volumes 
in-8% de près de 3oo pages chacun : 

(N. B. — Cette même description a été, pres- 
que littéralement reproduite par le rédacteur du 
Catalogue Pourtalès.) 

a N° 646. — Cuivre doré. — Un Reliquaire de 
forme hexagone et de travail gothique, flan- 
qué à ses angles de six tourillons attachés 
par des arcs-boutants à un couronnement 
composé d'un petit édifice surmonté de la 
croix : les deux faces principales de ce reli- 
quaire sont divisées chacune en six comparti- 
ments, et contiennent les objets suivants : — 
Fragments d'os du Cid et de Chimène, trouvés 



riques, modernes ; Ouvrages orientaux, par J.-J. Dubois ; — 
Tableaux, Dessins et Miniatures, par A.-N. Pérignon. Paris, 
Hip. Tilliard, 1826, 3 vol. in-8°. — Il existe de ce catalogue, 
deux éditions, différentes de texte et d'impression. L'une est 
imprimée en petits caractères compacts, sur papier vergé commun. 
L'autre, en caractères plus gros et beaucoup plus interlignés, est 
l'édition de Bibliothèque. Elle a été tirée sur beau papier 
vergé fort et papier vélin à la cuve. Les Tables des prix d'ad- 
judication ont été imprimées séparément, également in-8°, mais à 
petit nombre : elles sont devenues presque introuvables. — Les 
exemplaires de l'édition de luxe, sont reconnaissables à ceci 
que leur titre est orné d'une reproduction, gravée à l'eau- 
forte, de la petite Médaille d'or de Denon, frappée à la 
Xlonnaie en 181 3, — offrant, d'un côté, le spirituel profil sou- 
riant de l'artiste, et de l'autre, la vue des statues de Memnon, 
avec cette légende en exergue : « Elles parleront toujours 
pour lui, » — ( Vid. cette même médaille : Mellin. His- 
toire métallique de Napoléon, 1819-21, in-4 , PL un, N° 296.) 



1 2 La Italique de ^Molière. 

dans leur sépulture, à Burgos. — Fragments 
d'os d'Héloise et d' A bai lard, extraits de leurs 
tombeaux, au Paraçlet. — Cheveux d'Agnès 
Sorel, inhumée <à Loches, et d'Inès de Castro, 
à Alcobaça. — Partie de la moustache de 
Henri IV, Roi de France, qui avait été trou- 
vée tout entière lors de l'exhumation des 
corps dés Rois à Saint-Denis, en 1793. — 
Fragment du linceul de Turenne. — Frag- 
ments d'os de MOLIÈRE et de La Fontaine. 
— Cheveux du général Desaix. 
» Deux des faces latérales du même objet sont 
remplies: l'une, par la Signature autographe 
de Napoléon; l'autre contient un Morceau 
ensanglanté de la chemise qu'il portait à l'é- 
poque de sa mort, une Mèche de ses cheveux, 
et une Feuille du saule sous lequel il repose 
dans l'île de Sainte-Hélène ( 1 ) . 

» Haut. 16 pouces, 3 lignes. » 

A cette énumération déjà longue, il convien- 
drait d'ajouter encore : « la moitié d'une Dent de 
Voltaire, » classée sous le numéro 1379 du même 
catalogue, parmi les « Objets omis, » et portée, 
comme devant faire partie des Souvenirs histori- 
ques décrits dans l'article 646 qui précède. 

(1). — La publication de cette description date de 1826/ Le 
retour en France des cendres de Napoléon n'eut lieu que plus 
tard, en 1840. Toutes ces Reliques de Sainte-Hélène proviennent 
donc de l'époque même des obsèques de l'Empereur. 



La Clique de oMolière. 1 3 

Cette Dent de Voltaire fut réunie et vendue 
avec ce lot, en 1826. Elle est parfaitement indiquée 
dans le catalogue Pourtalès (n° 1958), et se trouve 
bien, effectivement, aujourd'hui, mise en sa place, 
dans le Reliquaire du Comte Desaix. 

Ici, Monsieur, permettez-moi, — pour vous 
mieux expliquer ensuite toute ma pensée, — une 
digression : 

A l'époque, déjà lointaine, où le Baron Denon 
réunissait tant d'étonnantes curiosités, le goût de 
la collection des Objets d'Art était une science re- 
lativement nouvelle, qui n'avait pour adeptes que 
quelques' rares esprits d'élite, sérieux, convaincus, 
dignes du respect de tous. Cette science n'était pas, 
comme nous la voyons de nos jours, tombée dans la 
banalité du ruisseau, dégradée dans une monoma- 
nie générale de bric-à-brac effréné, qui fait que tout 
le monde — et jusqu'aux plus parfaits ignares ! — 
tout le monde est collectionneur, et collectionneur 
de n'importe quoi, — non par goût, mais par glo- 
riole, et pis encore : par pur esprit de singerie. 

La race des naïfs et affligeants gobeurs qui 
prennent si bravement, et sans sourciller, pour du 
« Palissy » ou de « l'Henri II», des terres-de- 
pipe émaillées, toutes fraîches sorties... des Bati- 
gnolles, ou qui couvrent d'or des autographes 
authentiques de « Judas Iscariote » ou de « Mathu- 



14 La Italique de ^Molière. 

salem, » n'avait pas fait naître encore et se déve- 
lopper l'honorable industrie, si lucrative et si flo- 
rissante aujourd'hui, des fabricants de vieux-neuf, 
des truqueurs, et des faussaires. 

C'était le beau et honnête temps, alors. C'était 
l'Age d'or pur. — Et de plus, le Baron Denon, 
était né collectionneur ! 

Denon avait en lui, pour réussir, ce goût inné, 
ce flair artistique en toutes choses qu'apportent 
avec eux, l'aptitude de l'intelligence, la variété des 
connaissances et le talent — un talent de dessina- 
teur et de graveur de premier ordre. Il avait la 
grâce de l'esprit, l'exquise séduction des maniè- 
res, et possédait, jeune, avec cette volonté qui 
appelle et retient le succès, cette clef, indispensa- 
ble, qui donne accès partout : une belle fortune 
et une haute situation dans le monde. — Sous 
Louis XV, il était Gentilhomme de la Chambre 
et fut un peu le maître en gravure de M me de 
Pompadour. — Plus tard, après la mort de la 
Marquise, il fut envoyé à Saint-Pétersbourg en 
qualité d'Attaché d'ambassade, puis àNaples, avec 
le titre de Chargé d'affaires. 

En ce temps-là, son éminence le Cardinal de 
Bernis, — l'aimable poète que vous savez, — était, 
à Rome, Ambassadeur de France auprès du Saint- 
Père. 

La froideur habituelle des rapports diplomati- 



La Clique de oMolière. 1 5 



ques fit rapidement place à l'intimité, entre le car- 
dinal et le jeune chargé d'affaires : la Poésie et 
l'Art sont si bien de la même famille. 

Cette liaison ouvrit à Denon les portes de tous 
les Salons, des Palais et des Musées. 

C'est de ce séjour en Italie que date, dans la vie 
de l'artiste-collectionneur, l'expression décisive 
de cette vocation, irrésistible, qui lui fit quitter 
la carrière trop absorbante de la Diplomatie, pour 
se consacrer plus exclusivement au culte des 
Beaux- Arts. 

C'est en Italie, et d'après une peinture d'un 
Maître de l'École Italienne, qu'il termina la Plan- 
che gravée qui le fit recevoir à notre Académie 
de Peinture, en 1787. 

Il était encore à Venise quand éclata la Révo- 
lution française, — cette révolution si grandiose, 
si généreuse à son début, mais, hélas ! si vite tom- 
bée dans la boue sanglante de la Terreur. 

Denon, est stupéfait d'apprendre que ses biens 
ont été séquestrés, et que lui, artiste, simplement en 
voyage d'étude, a été absurdement porté sur la liste 
des Émigrés. Il n'hésite pas un instant, et revient, 
hardiment, trouver à Paris son vieil ami Louis 
David, le membre de la Convention, alors Maître 
sans rival de la Peinture en France. 

David fait non-seulement rayer le nom de l'ar- 
tiste, si indûment inscrit sur la liste fatale, mais il 



1 6 La Ttçlique de oMolière. 

régularise sa situation, et détourne les dangers 
qu'assumait sur sa tête son titre de ci-devant noble, 
en le faisant désigner par le Comité des Beaux- 
Arts comme le graveur officiel, — et d'après les 
dessins que lui-même, David, avait composés ! — 
des Costumes Républicains des autorités de l'épo- 
que. 

Vient ensuite le Consulat : 

Denon, par ses relations, vers la fin de la Ré- 
publique, se trouva tout naturellement placé pour 
profiter des événements du Dix-Huit Brumaire, 
et fut immédiatement compris dans le personnel 
administratif, choisi par le gouvernement con- 
sulaire qui se composait de ses amis. 

Membre de l'ancienne Académie de Peinture 
(supprimée en 1793), il fut conséquemment appelé, 
des premiers, à faire partie de l'Académie des 
Beaux-Arts, lors de la réorganisation de l'Institut, 
en i8o3. 

Pendant toute la durée de l'Empire, — suite du 
Consulat, — nous le retrouvons Directeur-général 
des Beaux-Arts. Et ce poste important, tojit honori- 
fique, d'ordinaire, ne fut certes pas, pour lui, une 
sinécure: il lui permit d'être, durant quinze an- 
nées, non simplement l'organisateur, mais aussi 
et surtout l'inspirateur de et Musée Napoléon, mu- 
sée le plus admirable et assurément le plus complet 



La Relique de cMolière. 1 7 

qui se soit jamais vu (i)» Aussi, son nom, devenu 
synonyme d'un si constant effort pour la gloire 
de la France, reste-t-il, pour tout ce qui est de 
l'Art, indissolublement lié à celui de l'Empereur, 
et, sans forcer la vérité, — à notre époque 
où tout s'oublie ! — peut-on affirmer, en toute 
assurance, que c'est à l'inspiration, à l'initia- 
tive, à l'autorité incontestée du Baron Denon, 
que doit se rapporter la meilleure part de ce qui 
fut créé de beau sous ce règne de bronze et de 
marbre. 

Ajouterai-je, que la création et la direction de 
ce Musée si grandiose, la conception et l'érection 
des Monuments * commémoratifs de nos victoires, 
ne suffisaient pas à la prodigieuse activité, à l'ex- 



(1). — Vid. dans Les Amateurs d'Autrefois de M. L. 
Clément de Ris (Paris, 1877, grand in-8°, fig. pages 432 à 437), 
l'histoire du démembrement de ce Musée, par l'invasion étrangère 
en 181 5, et la résistance héroïque de Denon aux exactions des 
généraux ennemis. 

Denon ne prit sa retraite, qu'en octobre 181 5, et sur la de- 
mande expresse qu'il en fit au Roi. — Voici, d'après l'original 
qui fait actuellement partie de ma collection d'Autographes, le 
texte de la lettre officielle qu'il adressa à S. M. Louis XVIII : 

« Paris, le 5 octobre 181 5. — Sire, Mon âge avancé, ma 
santé dérangée, me commandent le repos. J'ose donc le deman- 
der à Votre Majesté. — Je me trouve heureux, Sire, qu'en ce 
moment, mon zèle pour l'intérêt des Arts, et mon dévouement 
pour Votre Majesté, ayent pu lui paroître un gage du profond 
respect avec lequel je suis, Sire, de Votre Majesté, le plus fidèle 
Sujet. Denon. » 




1 8 La Clique de ^Molière. 



traordinaire besoin de travail de cet artiste (i), 
pourvu d'une santé inaltérable et qui lui permit 
d'atteindre à sa soixante-dix-neuvième année, 
sans avoir redouté jamais ni le labeur physique, 
ni l'effort intellectuel (2). 

Souvenez-vous qu'à cinquante ans bien sonnés, 
et bien avant les gloires de l'Empire : en 1798, — 
n'étant plus déjà tout à fait un jeune homme ! — 
Denon, par pur amour de l'Art, partit sur sa 
demande, et aussi, par l'intelligente entremise de 
M me Bonaparte (3), attaché comme Dessinateur à 
la Commission scientifique de cette héroïque Expé- 

(1). — L'œuvre gravé de Vivant Denon, — les eaux-fortes 
seules, — sans parler par conséquent des peintures, dessins ori- 
ginaux, ou lithographies, comprend plus de 600 Planches. 

Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale con- 
serve, reliée en quatre volumes gr. in-f*, une collection des plus 
complètes de cet œuvre, choisie et donnée par l'artiste lui-même, 
et ne renfermant que des épreuves de premier ordre. 

(2). — Voici comment la nouvelle de son décès est annoncée 
par le Moniteur universel, N° 120, Samedi 30 avril 1825 : 

« M. le Baron Denon, Membre de l'Académie des Beaux-Arts 
de l'Institut,' ancien Directeur du Musée, vient de mourir à Paris. 
Il avait assisté, Dimanche, à la séance solennelle des quatre Acadé- 
mies réunies, et, Mardi, il était encore venu à la vente dès Ta- 
bleaux de la galerie de M. Lapeyriére. Le surlendemain, Jeudi, il 
était mort. — M. Denon était plus qu'octogénaire. » 

(3). — Denon, comme Joséphine, appartenait à l'ancien 
monde, à l'ancienne bonne compagnie française. Aussi, la future 
Souveraine, lorsqu'il s'agit de constituer le personnel savant de 
l'Expédition, s'empressa-t-elle de signaler à son mari, l'homme 
de mérite qu'elle avait pu apprécier dans les salons, alors qu'elle 
était M me la Générale de Beauharnais. — U. R.-D. 



La Clique de dMolière. 19 

dition d'Egypte, demeurée légendaire dans l'His- 
toire ; — qu'il fit la savante, artistique, mais très 
périlleuse Conquête de la Haute-Egypte, aux côtés 
de Desaix, et que, toujours aux premiers rangs, 
dans cette armée d'avant-garde que commandait 
son jeune ami le Sultan juste, il remonta le Nil 
jusqu'aux cataractes, explorant Girgeh, Denderah, 
Thèbes, Esneh, allant à travers le désert à Cos- 
seïr au bord de la Mer Rouge, puis à Syène et 
jusque dans la Nubie, au-delà de l'île de Philae. 

Le portefeuille en bandoulière, la lorgnette au 
côté, les crayons à la main, au galop de son cheval, 
il devançait les premières colonnes, pour avoir le 
temps de dessiner en attendant que la troupe le 
rejoignît (1). Pendant que Ton se battait, il esquis- 
sait les vues du pays ou des monuments, prenait, 
pour les graver plus tard, les types si curieux, les 
figures si solennelles des vieux Chefs indigènes, ou 
fixait en quelques traits, le souvenir des mémora- 
bles événements qui se passaient sous ses yeux. 

(1). — Voici commentparle du voyage de Denon, l'un de ses 
compagnons de la Haute-Egypte, Savary, alors premier aide-de- 
camp de Desaix, et depuis, général, Ministre de la Police, et Duc 
de Rovigo : 

« M. Denon s'était attaché d'amitié au général Desaix, et ne le 
quitta pas de toute la campagne. Tout le monde aimait son carac- 
tère doux et obligeant, et sa conversation instructive était un dé- 
lassement pour nous. Le zèle qu'il mettait à toiser les monuments, 
à rechercher des médailles et des antiquités, était un sujet continuel 



20 La Clique de ^Molière. 

Son ardeur intrépide, à la vue des merveilles 
qui se dévoilaient à chaque nouvel horizon, lui fai- 
sait braver mille dangers. 

Mais « sous le feu de l'ennemi (dit un de ses 
biographes), Denon dessinait avec la même tran- 
quillité d'esprit, la même sûreté de main, que s'il 
eût été paisiblement assis à sa table, dans son 
cabinet. » 

Comme, le plus souvent, il s'installait forcé- 
ment de la manière la plus sommaire, en plein air, 
son album posé sur ses genoux, brûlé par ce soleil 
qui faisait tant de mal dans Tannée, les soldats, 
pour qui son sang-froid et sa bravoure étaient un 
continuel sujet d'admiration, se plaisaient à se 
poser debout, derrière lui, et se relayaient, pour 
lui faire un peu d'ombre de leur corps et faciliter 
ainsi son travail. 



d'étonnement pour nos soldats, surtout quand on lui voyait^braver 
la fatigue, le soleil et souvent les dangers, pour aller dessine*, des 
hiéroglyphes ou quelques débris d'architecture ; car je ne crois 
pas qu'une seule pierre lui ait échappé. Je l'ai souvent accompa- 
gné dans ses excursions ; il portait sur ses épaules un portefeuille 
rempli de papiers et de crayons, et avait un petit sac suspendu à 
son cou, dans lequel il mettait son écritoire et quelque nourriture. Il 
nous employait tous à lui mesurer les distances et les dimensions 
des monuments, qu'il dessinait pendant ce temps-là. Il avait de 
quoi charger un chameau en dessins de toute espèce, quand il 
retourna au Caire, d'où il repartit avec le général Bonaparte pour 
la France. » {Mémoires du Duc de Rovigo. Paris, Bossange, 
1828, in-8°, tome I er , p. 121-22.). 



La Clique de oMolière. 2 1 

« Dessiner, alors, n'était pas toujours facile 
(fait remarquer avec juste raison le Marquis de 
Pastoret, dans son Éloge de Denon prononcé à 
l'Institut, en i85i); car enfin, pour dessiner, il 
fallait quitter la barque si l'on était sur le fleuve, 
descendre de cheval si l'on côtoyait le rivage, choi- 
sir son point de vue, s'asseoir, développer son 
portefeuille ; et les Arabes qui suivaient à la piste, 
les Arabes qui tirent si bien et qui montent des 
chevaux si rapides, rendaient ces imprudences-là 
toujours dangereuses et quelquefois mortelles. 
Denon n'en tenait pas compte ; c'eut été prendre 
4 trop de soin. 

» Un jour pourtant que l'on remontait le Nil 
avec la flottille de l'Expédition, il aperçut des 
ruines dont il voulut absolument conserver un 
croquis. Il se fait mettre à terre, court dans la 
plaine, s'établit sur le sable, et se met à dessiner 
en hâte. Il n'avait pas tout à fait terminé son 
ouvrage quand un petit sifflement sec, tranchant, 
résonne, et passe entre son papier et son visage. 
C'était une balle. Il relève la tête, voit un Arabe 
qui venait de le manquer, et qui rechargeait son 
arme ; il saisit son propre fusil déposé par terre, 
envoie à l'Arabe une balle dans la poitrine, puis 
il replie son portefeuille et regagne la barque. Le 
soir, il montra son dessin. — Votre ligne d'ho- 
rizon n'est pas droite, lui dit Desaix. — Ah ! ré- 



22 La 'Rçlique de éMolière. 

pondit-il, c'est la faute de cet Arabe; il a tiré trop 
tôt... » (i). 

Qu'en dites- vous, Monsieur? — Les compterait- 
on à la douzaine, les collectionneurs de cette trempe ? 

Je reviens maintenant au Reliquaire, -*- objet 
de la présente lettre. 

Aussi bien, en vous rappelant — sommaire- 
ment — quel homme véritablement distingué fut le 
Baron Denon, n'ai-je eu d'autre pensée que celle 
de vous démontrer qu'un artiste de cette valeur, si 
sincèrement épris de l'amour de l'Art, chercheur 
si consciencieux, esprit si universellement consi- 
déré, doit rester à l'abri même du soupçon d'avoir 
voulu, en composant ce Reliquaire, créer pour 
l'avenir une mystification quelconque. 

Quant à croire que Denon aurait pu, lui-même, 
être pris pour dupe, j'ose espérer qu'il ne viendra 
à l'esprit d'aucun de vos lecteurs, une pensée que 
repoussent, aussi bien la haute portée de son intel- 
ligence que la finesse de sa rare expérience d'in- 
vestigation. 

A ceux d'entre eux, cependant, que la longue 
énumération de toutes ces Reliques, dans la des- 
cription qui précède, aurait pu étonner ou laisser 

(i). — Éloge histor. sur la vie et les ouvrages de M. le 
Baron Denon, par M. de Pastoret (Séance annuelle des cinq 
Académies, du 25 octobre 1851). Paris, Firmin Didot, 1851, 
in-4 , page 18. 



La Clique de oMolière. 23 

quelque peu incrédules, quant à l'authenticité 
des provenances, je répondrai simplement ceci : 

Les Historiens qui se sont occupés de cette 
époque, nous apprennent que tous les corps des per- 
sonnages nominativement désignés dans cette des- 
cription, ont, tous sans exception, été exhumés de 
leurs tombeaux pendant les années où vivait, collec- 
tionnait, et l'on peut dire., régnait leBaron Denon ( i ) . 

Qu'y a-t-il, alors, d'étonnant à ce qu'un érudit, 
un curieux, un chercheur toujours en éveil, comme 
le fut, dès son plus jeune âge, cet infatigable col- 
lectionneur, — si bien placé pour être bien ren- 
seigné : toujours près du soleil ! — se soit empressé 
de profiter des occasions qui s'offraient tout natu- 
rellement à lui de recueillir, pour enrichir son 
Musée intime, de pareils trésors de curiosités? 

J'en appelle à tous les collectionneurs ! 

Les tombeaux d'Héloise et d'Abailard furent 
ouverts en 1792 (2). Le tombeau <X Agnès Sorel le 

(1). — «... M. Denon s'intéressa à mes premiers succès ; 
presque tous ceux qui sont dans les Arts ont eu part à ses soins, à 
ses encouragements, et datent pour la plupart leur bien-être de son 
entrée à la Direction de ce Musée. » (Funérailles de M. le Baron 
Denon, le 30 avril 1825. Discours de M. leBaron Gros. Paris, 
Firmin Didot, in-4 , 1825, p. 2.) 

(2). — Vid. Guizot, Abailard et Héloïse, Essai histo- 
rique, Paris, Didier, 1853. gr. in-8°fig; — Lettres d' Héloïse 
et Abailard, trad. nouvel., par le Bibliophile Jacob, (M. Paul 
Lacroix). Paris, Gosselin, 1840, grand in-18; — Dulaure, His- 
toire de Paris, Paris, Guillaume, in-8°, 182 1-22, tome vi,p. 186, 



24 La Clique de oMolière. 

fut en 1777, 1793 et 1801 (1) ; celui de Henri IV \ 

en 1793 (2); celui de Turenne, en octobre 1792 (3); 

celui de Molière, au cimetière Saint- Joseph, en 1 792. 

C'est dans ce cimetière que se trouvait encore, 

(1). — Vid. A. Vallet (de Viriville), Histoire de Char- 
les VII. Paris, V e Renouard, 1865, in-8°, tome m, page 24 
(note) ; — F. Grille. Lettre à M. le Docteur Pariset ; Le 
Tombeau d'Agnès Sorel. Paris, Techener, in-8°, 1847; — J--L. 
Chalmel, Histoire de Touraine. Paris, H. Fournier, 1828, 
in-8°, tomes m, p. 148, et iv, p. 468 ; — L'Abbé Bourassê, La 
Touraine, Histoire et Monuments. Tours, Marne, 1856, 
in-f*, fig., pages 131 a 133. — et 1* Abbé C. Chevalier, Pro- 
menades pittoresques en Touraine. Tours, Marne, 1869, 
grand in-8°, fig. pages 385, 386. 

(2). — Vid. Michelet, Henri IV et Richelieu. Paris, 
Chamerot, 1857, in-8°, page 163 ; — Bordier et Charton, His- 
toire de France d'après les Documents originaux. Paris, 
1860, grand in-8°, fig., tome 11, p. 175 ; — F. Guizot, Histoire 
de France racontée à mes Petits- Enfants. Paris, 1877, grand 
in-8°, fig., tome m, page 561 ; — Georges d'Heylli, Les Tom- 
bes Royales de Saint-Denis. Paris, Librairie Générale, 1872, 
grand in-12, fig. page 99 ; — Alex. Lenoir, Musée des Monu- 
mens français. Paris, Guilleminet, puis Nepveu, 1800-21, in-8% 
fig. (Ouvrage dédié au Citoyen Denon, tome v, p. 1 àxxii), tome 1, 
p. 222 à 234, et PI. 5 1 5 à 3 17 ; tome 11, p. xcix et civ ; tome vin, 
p. 161 à 172. 

(3). — Vid. Dulaure, Histoire de Paris 9 1821-22, 
tome iv, page 432 ; — Georges d'Heylli, Les Tombes royales 
de Saint-Denis. Paris, 1872, grand in-12, fig., page 97; — et 
aussi dans le journal Le Figaro (Supplément littéraire du Diman- 
che 15 Février 1880), une intéressante et chaleureuse Lettre de 
Beaumarchais, à propos de Turenne, adressée en 1798, par 
l'illustre père du malin Barbier, au Ministre de l'Intérieur 
d'alors, François de Neufchâteau. 



La Clique de ^Molière. 25 

à l'époque de la Révolution, — avant que les ad- 
ministrateurs d'une section du quartier Montmartre 
ne l'eussent fait enlever (le 6 Juillet 1792), et que 
les soins pieux d'Alexandre Lenoir ne l'eussent 
fait déposer au Musée des Monuments-funéraires, 
enclos des Petits- Augustins (1), la « large tombe 
de pierre » dont parle, en ce passage, l'excellent 
historien de Molière, M. Jules Claretie : « Elle 
(Armande Béjart) avait fait transporter à l'endroit 
où l'on avait presque furtivement enterré son mari 

(1). — Alexandre Lenoir, auquel l'Art français devra une éter- 
nelle reconnaissance, eut la douleur de survivre à son œuvre : Le 
Musée des Petits- Augustins qu'il avait vu, déjà, lors du réta- 
blissement du Culte, après le Concordat de 1802, dépouiller de 
beaucoup d'objets par des Églises qui réclamèrent ce qu'elles 
avaient autrefois possédé, — fut entièrement anéanti en 181 5, 
après la chute de l'Empire. — Les tombeaux, statues et bas- 
reliefs des princes et princesses des familles royales, furent trans- 
férés à Saint-Denis, et les autres parties de cette précieuse collec- 
tion furent distribuées à toutes les demandes, à toutes les réclama- 
tions, à tous les appétits. 

C'est sur l'emplacement de ce Musée qu'a été construit, 
depuis, le Palais actuel de l'École des Beaux-Arts. 

Les Moliéristes sauront un gré tout particulier à la mémoire 
d'Alexandre Lenoir, quand ils apprendront que cet éminent con- 
servateur de nos chefs-d'œuvre nationaux, avait pu réunir pendant 
la tourmente de 1793, et préserver ainsi du vandalisme révolution- 
naire, les Bustes en marbre de MOLIÈRE et de Voltaire, de 
Houdon, et les originaux (pour la plupart en terre cuite) des 
admirables bustes de Jean Rotrou, des deux Corneille, de Des- 
touches, de Quinault, de J.-B. Rousseau, de Piron, de Fonte- 
nelle, sculptés par Caffiéri, pour la galerie de la Comédie-Fran- 
çaise. (Vid. Alexandre Lenoir. Description des Monuments 



26 La ^Relique de éMolière. 

une large tombe de pierre, et durant un hiver fort 
rude, elle fit voiturer cent voies de bois dans le cime- 
tière Saint- Joseph, afin que les pauvres gens se pus- 
sent réchauffer au feu d'un bûcher qu'on alluma 
sur la tombe de Molière. Il en résulta que la pierre 
calcinée se fendit en deux morceaux, mais du moins 
les indigents avaient eu un foyer contre l'onglée et 
bénissaient, grâce à Àrmande et à cette sorte de 
bienfaisance posthume, la mémoire de Molière (i). » 
Le cimetière Saint- Joseph : voilà certainement 

de sculpture réunis au Musée Impérial des Monuments 
français. Paris, in-8°. Edition de 1810, pages 22 à 33). 

Que sont aujourd'hui devenus ces précieux originaux, si soi- 
gneusement abrités pendant les jours néfastes ? 

N'auraient-ils pas, hélas î — comme tant d'autres richesses de 
la Science et de l'Art, — pris le chemin de l'étranger ? — U. R.-D. 

(1). — Vid. Jules Claretie, Molière, sa vie et ses œuvres. 
Paris, Alph. Lemerre, ivol. pet. in-i2elzévirien, sans date (187 3), 
page 84, et aussi, page 1 65 (appendice). — Ce qu'il serait intéressant 
de savoir, et ce que M. Jules Garetie a négligé de nous dire, c'est 
ce que peut bien être actuellement devenue cette large tombe de 
pierre « calcinée et fendue en deux morceaux », si soigneusement 
préservée contre la destruction, par Alexandre Lenoir en 1792. 

Autre point : — La Biographie nouvelle des Contem- 
porains d'Arnault, 1823 (tome xi, p. 352), nous apprend que 
Alexandre Lenoir « prit le soin de faire dresser des procès-verbaux 
des recherches faites pour opérer la levée des restes précieux, de 
Turenne, Descartes, MOLIÈRE » etc., qu'il avait réunis, dans le 
jardin-Elysée du Musée des Petits-Augustins, et que « ces procés- 
verbaux ont été déposés chez M* Potier , notaire à Paris, où 
on peut les consulter. » 

N'y aurait-il pas, là, pour un Moliériste parisien, le sujet 
d'une intéressante publication à entreprendre ? — U. R.-D. 



La Clique de oMplière. 27 

le lieu de provenance du Fragment d'os de Molière 
du Cabinet Denon. 

Pour le tombeau de Voltaire, jl fut ouvert, lui, 
en Juillet 1791 (1), lorsque, au nom de l'Assemblée 
Constituante, on alla retirer de la tranquille Abbaye 
de Scellières en Champagne, les cendres du célè- 
bre Philosophe, — comme trois ans plus tard, sous la 
Convention, en octobre 1794 (2), celles de J.-J. 
Rousseau de l'île des Peupliers, à Ermenonville, — 
et qu'on les ramena triomphalement à Paris, pour 

(1). — Vid. dans le Moniteur universel de 1791, N° 171, 
lundi 20 Juin, le Programme-itinéraire de la prochaine 
translation des cendres de Voltaire à Paris, et, dans le N° 194, 
mercredi 1 3 juillet (page 802), le compte-rendu de toute la céré- 
monie, depuis l'entrée à Paris, par la barrière de Charenton, 
jusqu'à l'arrivée au Panthéon, les dimanche 10, et lundi 11 juillet 
1791. 

(2). — Vid. dans le Moniteur de l'An m, N° 24, 24 Ven- 
démiaire (Mercredi 15 octobre 1794) page 110, la description de 
la Fête célébrée à Paris en l'honneur de Jean- Jacques Rousseau, 
le 20 Vendémiaire, et de la translation de son corps au Panthéon : 

«... Le 18 Vendémiaire, on avait enlevé de l'île des Peupliers, 
son urne funéraire ; les citoyens d'Ermenonville l'avaient accom- 
pagnée jusque dans la commune d'Emile, ci-devant Montmorency. 
C'est là que Rousseau avait composé le Contrat social, Emile 
et Héloïse ; et les habitans de cette vallée qui, tant de fois, avaient 
vu le philosophe modeste se promener au milieu d'eux, qui déjà 
avaient eu la douleur de le perdre lorsque le fanatisme politique 
et religieux le forcèrent (sic) de quitter leurs asiles champêtres, 
voulaient du moins le posséder encore quelques instants. Le corps 
de Rousseau y resta jusqu'au lendemain à midi. Le 19, le cortège 
se mit en marche pour Paris, etc. » (Moniteur, loc. citât.) 



28 La *R§lique de éAîolière. 

les porter au Panthéon : Aux Grands Hommes, 
la Patrie reconnaissante. » 

Du Panthéon, — sous la Restauration, en Mai 
1814, — les restes de Voltaire et de Rousseau fu- 
rent honteusement dérobés par des fanatiques, 
chargés par eux nuitamment dans un fiacre, et 
finalement enfouis, sur un lit de chaux vive, dans 
un terrain vague et abandonné, sur le bord de la 
Seine, vis-à-vis de Bercy (1). 

Profanation ! allez- vous me dire. 

Eh ! oui : Mais, si, primitivement, la Révolu- 
tion eût respecté la paix de Scellières et d'Erme- 
nonville, qui sait si la réaction de 181 5 aurait 
même songé à la troubler ? 

Quant aux reliques d'Inès de Castro, àAlcobaça, 
et du Cid et de Chimène, à Burgos, — dont, je le 
confesse, vous pourriez sourire, — elles ont, tout 
prosaïquement, fait partie du butin de guerre pro- 
venant du sac du monastère des Bénédictins d'Al- 
cobaça par l'armée débandée de Junot, lors de la 
prise de Lisbonne, en Novembre 1807, et de celui 
des églises et couvents de Burgos, en Novembre 
1808, par les troupes françaises. 

Ces fragments doivent, bien certainement, avoir 

(1). — Vid. au sujet de cet enlèvement nocturne, un très 
intéressant article du Bibliophile Jacob (M. Paul Lacroix), dans 
V Intermédiaire des Chercheurs et Curieux . Paris, B. Duprat, 
in-8°. Première année, 1864, pages 25, 26. 



La Clique de oMolière. 29 

été rapportés par Denon lui-même, lorsqu'il accom- 
pagna Napoléon dans la Péninsule, pendant la cam- 
pagne d'Espagne, — comme durant presque toutes 
les guerres de l'Empire, d'ailleurs, il suivit l'Empe- 
reur sur ses champs de bataille , par toute Y Europe ( 1 ) . 
Ce qui confirme bien l'assertion que je viens 
d'émettre, c'est le texte même de la désignation 
d'un portrait de Denon, peint par Adolphe-Eug.- 
Gab. Roëhn (1780- 1867), dans un tableau de 
genre qui a fait partie des curiosités réunies par le 
Baron Denon, et qui a été ainsi décrit, en 1826, 
(par A.-N. Pérignon, sous leN° 220 des Tableaux), 
dans le catalogue de son cabinet : 
N° 220. « M. Denon en Espagne, remettant dans 
leurs tombeaux les restes du Cid et de 
Chimène; il est accompagné de M. Zix, 
artiste, et d'un Espagnol (2). La scène se 

(1). — « A mesure que la victoire ouvrait à nos armées les portes 
des capitales, Denon les y suivait et présidait aux choix des tro- 
phées qu'elles en rapportaient. Puis, de retour à Paris, il s'occu- 
pait, soit à classer ces trophées dans le Louvre, soit à surveiller 
l'érection de monuments rappelant les faits d'armes auxquels ils 
étaient dus. » ( Vid. M. L. Clément de Ris. Les A mateurs d'A a- 
trefois: Le Baron Vivant-Denon.) Paris, 1877, gr. in-8°, 
fig. pages 429, 430.) 

(2). — Tableau vendu 260 francs à M. Billaudel, en 1826. — 
L'artiste cité nominativement, plus haut, comme ayant accom- 
pagné Denon en Espagne, en 1808, Benjamin Zix, était un peintre 
alsacien, originaire de Strasbourg. — Il fut l'un des dessinateurs 
qui collaborèrent, sous la direction de Denon, à la création de la 



3o La Helique de éMolière. 



passe dans l'intérieur d'une chapelle d'ar- 
chitecture gothique. 

» Haut. 20 pouces. — Larg. i€ pouces et demi. Toile. » 

Denon, d'ailleurs, aimait à conserver de la 
sorte et à s'entourer de souvenirs palpables, té- 
moins muets, mais non moins éloquents, de tous 
ses voyages. C'est ainsi qu'on voit figurer dans 
ses collections (N° 628 du Catalogue des Monu- 
ments historiques), un Fragment de pierre calcaire 
détaché du Chéops, la plus haute des Pyramides de 
Giqbh, et un autre (N° 629) de grès de la Statue 
de Memnon (Aménophis II), de la plaine de 
Thèbes. 

Les Cheveux du général Desaix ont été cou- 
pés par Denon, personnellement, sur la tête du 
général, en i8o5, quand il alla, guidé par l'ancien 
aide-de-camp de Desaix, le général Savary, à 
Milan, dans la sacristie du couvent de San-Angelo, 
reconnaître le cercueil du héros, — déposé là, pro- 
visoirement, depuis le lendemain de Marengo, — 
et qu'il le fit transporter sur les Alpes, par des 
soldats, « choisis dans tous les régiments de l'ar- 
mée d'Italie », pour le placer dans son tombeau 
monumental de la chapelle de l'Hospice du 
Mont-Saint-Bernard. 

Colonne Vendôme. ( Vid. Ambroise Tardieu. La Colonne de la 
Grande-Armée d'Austerlitz. Paris, 1822, 1 vol. in-4 , orné 
de 36 pi.) 



La Clique de éMolière. 3 1 



Le Baron Denon, vous ne l'ignorez pas, avait 
été spécialement chargé par Napoléon, d'ordonner 
la fête solennelle dans laquelle l'Armée rendit à 
Desaix des honneurs funèbres, sur le sommet du 
Grand-Saint- Bernard, le 20 Prairial An xm (19 
juin i8o5). 

« C'est à la mémoire de votre ami, lui avait 
dit Bonaparte, à laquelle vous allez rendre hom- 
mage: N'en séparez pas la pensée que cet ami 
était aussi le mien, et que je présiderai aux solen- 
nités de l'inhumation. » 

Denon, — en l'absence du souverain empê- 
ché, — présida seul à cette* cérémonie, en compa- 
gnie du maréchal Berthier, officiellement envoyé 
pour représenter l'Empereur (1). 

Deux autres numéros du catalogue du Ca- 
binet Denon, concernent encore le souvenir de 
Desaix : 

N° 653. « Une Boucle de cheveux, coupée sur la 

tête de Desaix, lors de l'inhumation du 

corps de ce général, etc. » 

Et N° 722.ee Bronze (2). Partie antérieure d'un pouce 

de la statue colossale du général Desaix, 

(1). — Vid. le Moniteur universel. N° 281 de l'An xm. 
(30 Juin 1805), page 11 57 ; — et aussi les M émoires du Duc de 
RomgOy 1828, tome 11, p. 123. 

(2). — Ces N 08 653 et 722, ont été vendus, en 1826 : le pre- 
mier 180 francs — sans nom d'acquéreur, — l'autre 10 francs à 
Hazard* (Note communiquée par M. L. Clément de Ris.) 



32 La Kelique de cAfolière. 

par feu M. Dejoux, placée en 1810, sur 
la place des Victoires, à Paris (1). 
» Ce fragment est la seule partie qui sub- 
siste delà statue que nous venons de citer.» 

Haut. 2 pouces, 10 lignes. » 

Denon, personnellement, a consacré aussi à 
l'inauguration du Tombeau du Saint-Bernard, de 
même qu'à celle de la Statué colossale de la Place 
des Victoires, deux belles médailles officielles, 
signées de son nom, frappées à la Monnaie du 
Louvre (2), et bien certainement destinées, dans la 
pensée de leur auteur, à perpétuer pour les géné- 
rations futures, le souvenir de l'éclat dont furent 
alors entourées ces deux imposantes cérémonies. 

(1). — L'inauguration officielle de cette Statue eut lieu, le 
Mercredi 15 Août 1810, au même moment que celle de la Co- 
lonne de la Grande-Armée (Place Vendôme). — L'une et l'autre 
furent créées et érigées, sous la haute direction du Baron Denon. 
(Vid. le Moniteur universel, N° 228, Jeudi 16 août 1810.) 

L'auteur de la présente Lettre publiera, un jour, des détails 
inouis sur l'anéantissement de cette Statue colossale, en même 
temps que l'histoire complète de tous les Monuments consacrés 
par l'enthousiasme des contemporains eux-mêmes au jeune sau- 
veur de Marengo, — Monuments qui, tous, ont successivement 
fini par disparaître, par suite de la triste légèreté de notre carac- 
tère national. — U. R.-D. 

(2). — »Vïd. MiLLmct Millingen. Histoire métallique de 
Napoléon. Londres et Paris, Treuttel et Wûrtz, 181 9-21, in-4 , 
Planche xvni, N 08 98, 99 ; et PL xlvi, N° 265. — Vid. aussi (PL 
vi. N° 19.) la charmante médaille commémorative de la Conquête 
de la Haute-Egypte, créée, également à la Monnaie des médail- 
les, sous la direction de Denon. 



La 'Relique de éMolière. 33 

Le Baron Denon avait, au plus haut point, — 
comme vous le voyez — la mémoire du cœur! 

Et maintenant, Monsieur, en résumé, et pour 
arriver à la conclusion réelle qui ressort de ce petit 
travail, j'ajouterai que ce qui doit, pour des yeux 
clairvoyants, donner une authenticité évidente à 
toutes les reliques ci-dessus mentionnées, ce qui 
doit les rendre par-dessus tout précieuses, c'est 
le soin que prit le Baron Denon, de les classer, 
de les ranger minutieusement, de les exposer sous 
verre, réunies dans un même écrin, étiquetées de 
sa main, tout auprès de souvenirs intimement vé- 
nérés par lui, — des Cheveux de Desaix, — des 
Cheveux de Napoléon, — de la Feuille du Saule 
de Sainte-Hélène ! 

Ne tombe-t-il pas, en effet, sous le sens, que 
Denon qui avait, comme on a pu le remarquer, 
voué un culte si sincère et si profond à la mé- 
moire de ses deux illustres amis, — Napoléon et 
Desaix, — n'eût jamais eu là pensée de placer des 
pièces dont la provenance lui aurait semblé dou- 
teuse, à côté de reliques, non-seulement — et si 
justement ! — chères à son cœur , mais qui lui 
rappelaient, en outre, à toute heure, combien sa 
propre existence avait été mêlée à celles de ces 
deux renommées incomparables. 

Placer, à côté de si émouvants souvenirs, des 



La Clique de ^Molière. 



curiosités discutables, des bibelots d'une essence 
plus ou moins aléatoire et fantaisiste, qu'en pensez- 
vous, Monsieur, pour le Denon que j'ai cherché à 
vous peindre : ne vous semble-t-il pas, qu'à ses 
yeux, c'eût été commettre un sacrilège ? 

Agréez, etc. 

ULRIC RICHARD- DESAK. 



Issoudua (Indre), aux Minimes. 
Mai-Juin 1880. 



APPENDICE 

BIBLIOGRAPHIE 



rapajugg Voyage de Denon dans la Basse et la Haute-Egypte 
Sa RtSa" 1 surtout et pardessus tout, le Journal artistique de 
uy Vw pj l'Expédition de Desaix, lors de la Conquête du haut pays, 
jusqu'aux cataractes. 

On comprendra qu'un collectionneur de Documents sur la vie 
de Desaix se soit intéressé à réunir et rédiger la Bibliographie de 
ce Voyage, qui ne se trouve complète, ni dans Brunet, ni 
ailleurs. 

Le nombre relativement considérable des Éditions françaises 
et Traductions étrangères de cet ouvrage, témoigne à quel point 
l'Europe se montra attentive aux efforts de ces Expéditions mili- 
taires, si pleines de science, si saisissantes de poésie, par leur 
contact avec toutes les splendeurs du passé. 

Le monde savant qui alors avait oublié l'Egypte, la retrouva, 
avec un charme inexprimable, dans cet écrit, sorti de la fécondité 
du crayon de Denon et de la rare intelligence de Desaix. 

I. — Éditions françaises, publiées a Paris. 

= Voyage dans la Basse et la Haute-Egypte, pendant les 
campagnes du général Bonaparte, par Vivant Denon. A Paria, 



36 bibliographie. 



de V Imprimerie de P. Didot, l'ainé, au Palais des Sciences 
et Arts. An x (m dcccii), 2 vol in-folio, grand-Aigle. 

telle magnifique Édition original*, la plot belle assurément et la 
plus soignée de toutes celles qui ont para du Voyage de Denon, mais 
non certes, la plus commode, ni la plus maniable pour les lecteurs, a 
été promptement épuisée. Elle se vendait 300 à 400 francs, papier 
vergé ordinaire, et 4ô0 à 600 francs, grand papier vélin. (Ftd. Qoébau», 
Franc* littéraire, art. Denon.) Ces deux volumes qui ne sont pas exces- 
sivement rares, se vendent actuellement beaucoup moins cher. — 
Dans quelques exemplaires se trouve ajouté un portrait de l'auteur. 

Les deux volumes se décomposent ainsi : Un volume de texte, de 
265 pag. (Voyage) et liij pag. (Explication des Planches) ; — et un 
vol. de Planches (141 pi. parmi lesquelles deux pi. sont doubles : 
les pi. 20 et 20 (bis), 54 et 64 (bis). — Ce volume de Planches n'a 
qu'un faux-titre seulement, et point de titre. Ce taux-titre ne porte 
aucune autre indication que celle-ci, imprimée au milieu de la 
page : « Planètes du Voyage dam la Bats* et la Haute-Egypte. » Ces 
141 planches in-folio, qui comprennent, chacune, pour la plupart 
deux et trois gravures, ont tontes élé exécutées sous les yeux même 
de Denon, d'après ses originaux, dessinés sur place, et soigneusement 
rapportés par lui à son retour d'Egypte. Trois d'entre elles seulement, 
les pi. 20 (bis), 102 et 103, sont gravées d'après des dessins du peintre 
Rico, l'un des collègues de Denon, dans la Commission des Beaux- 
Arts de l'Expédition française. 

Toutes ces planches, gravées par les vingt-six artistes dont les noms 
suivent, ont été imprimées, avec beaucoup de soin, par Dien : 

Graveurs-. Vivant Denon : 24 eaux- fortes originales (Ftd. Les pi. 
104 à 112), Baltard, Berthon, Berthault, Berton, Choffard, Coiny, 
L. Croutelie, Dufrène, Duparc, J. Duplessi-fiertaux, Fortier, Fosséyeux, 
Galien, L. Garreau, Gounod, Gounot, Le Gouax, Legrand, G. Malbeste, 
Masquelier, Paris, L. Petit, Perrier, Pillement, Pillement fils, Prévost, 
et Réville. 

Denon avait précieusement conservé, même après leur publication, 
tous les dessins originaux de son Voyage. On les retrouve, classés 
(sous les N" 892 et 893 des Tableaux et Dessins) dans le Catalogue de 
son cabinet. Ces dessins n'ont pas élé mis aux enchères, en 1826. Vrai- 
semblablement, ils doivent avoir été retirés par la famille et être 
restés, depuis cette époque, en sa possession. 

Les Planches gravées ont servi de nouveau, en 1829, pour la publi- 
cation de la Seconde Édition de l'Atlas, de Gaugain et Chaillou, et 
en 1830-34 (retouchées au burin), pour l'Atlas, de Dénain etDelamare, 
(Ftd. ci-dessous.). 

PosT-ScaiPTca : — Un des derniers Biographes de Denon, toujours 
parfaitement renseigné d'ordinaire, a, dans l'excellente Notice qu'il 
lui a consacrée, laisse* passer une légère erreur, en disant que « les 



bibliographie. 37 



dessins de Denon ont été gravés dans le grand ouvrage sur V Egypte 
publié de 1809 à 1828; sous la direction de Jotnard. » 

Le nom de l'artiste n'est, pas même une malheureuse petite fois, pro- 
noncé, dans les dix gros in-folio que comprend le texte de la grande 
Description de l'Egypte, — tellement (je le suppose, du moins), le 
comité des rédacteurs garda sur le cœur le regret de s'être vu si par- 
faitement distancer dans son long et laborieux enfantement, — de 
neuf années de gestation, — par la rapidité de conception et d'exécu- 
tion d'un seul écrivain, tout à la fois auteur, dessinateur, et graveur 
de son œuvre. 

Les nombreux Dessins sur l'Egypte, qui ont fait longtemps partie du 
Cabinet des Cartes géographiques à la Bibliothèque Nationale et qui 
sont actuellement conservés au Cabinet des Estampes, ne sont nulle- 
ment ceux de Denon, mais des dessins similaires, d'une dimension 
beaucoup plus grande. Ces dessins, sont les originaux mêmes des 
gravures de la grande Description de l'Egypte. Et Denon, comme il 
vient d'être dit, est demeuré absolument étranger à cette publication. 

De même, les Planches gravées sur l'Egypte, qui font présentement 
partie du fonds de la Chalcographie du Louvre, sont aussi celles qui ont 
servi à la composition des illustrations de la Description de l'Egypte, 
[Vid. Catalogue de la Chalcographie. Supplément de 1867. N oa 4841 
à 5746.) 

=■ Voyage dans la Basse et la Haute-Egypte, pendant les 

campagnes du général Bonaparte, par Vivant Denon. A Paris, 

de l'Imprimerie de P: Didot Vaine, aux Galeries du 

Louvre, n° 3. An x (m dccc ii). i vol. in-4 (Texte seul) de 

xn-322 pages, imprim. sur deux colonnes, et 1 vol. (141 planches) 

in-folio Atlantique. 

Cette édition (suivant Quérard. Loc. citât.) se vendait 200 francs. — 
L'Atlas est identiquement le même que celui de la grande édition 
in-folio. Le papier seul diffère. Les Pages 319 à 322 du volume de 
texte, contiennent la liste des Noms des Souscripteurs pour l'Édi- 
tion in-folio, — parmi lesquels se remarquent ceux de presque tous 
les Souverains de l'Europe et de tous les grands personnages de l'é- 
poque. 

== Analyse et Extrait du Voyage dans la Basse et la Haute- 
Egypte, pendant les campagnes du général Bonaparte, par 
Vivant Denon. Paris, P. Didot, 1802, in-8°. 

= Voyage dans la Basse et la Haute-Egypte, pendant les 
campagnes du général Bonaparte, par Vivant Denon. A Paris, 



S~. 



38 bibliographie. 




de l'Impr. de P. Didot, Vaine, aux Gâteries du Louvre, 
n* 3. An x (mdcccii), 3 vol. gr. in-12 de xxn-324, 348 et 
296 pages. 

Une noie imprimée en regard du titre de l'Édition in-4* de 1802, 
annonce ainsi ta mise eo vente de cette petite édition portative : « Le 
même Outrage, 3 voL in- 12, sans atlas, nécessaire aux acquéreurs 
de la première édition. » Le texte de cette petite édition, a, proba- 
blement, été revu et corrigé par l'auteur. 

= Le même Voyage. — Quatrième Édition. Paris, P. Didot, 
Vaine, An xi (m dccciii), 3 vol. gr. in-12. Sans atlas. 

=5 Le même Voyage (cinquième édition.) — Paris, P. Didot, 
Vaine, An xii (m dccciv), 3 vol. gr. in-12. Sans atlas également. — 

Les exemplaires de ces trois petites éditions se vendaient (d'après 
Qcé*abj>), 8 francs. — Chacun des volumes de ces petites éditions 
a, exactement, la même pagination que celle du volume correspon- 
dant de la petite édition de 1802. Ces trois éditions ont été impri- 
mées, — sur des clichés probablement, — avec la composition même 
de l'édition in-4% impr. sur deux colonnes, en 1802. Cette compo- 
sition a seulement été imposée un peu différemment, suivant la 
hauteur du cadre adopté, grand in-12. 

= Voyage dans la Basse et la Haute-Egypte, pendant les 
campagnes du général Bonaparte, par Vivant Denon. Nouvelle 
Édition, augmentée d'une Notice sur l'auteur, par M. P.-F. Tissot. 
Paris, Henri Gaugain et chez Ckaillou, 1829. Imprimerie 
de J. Tastu. 2 vol. in-8° (Texte seul). Tome I er : xxxi pages 
(Notice) et 359 pages, plus une planche se déployant et se 
rapport, à la page 351; Tome 11 : 364 pages. - Atlas de 96 planches 
gr. in-folio. 

Le Prospectus de cette Édition, in-8* d'une demi-feuille d'impression, 
Paris, impr. de Fain, 1829 (Via\ Bibliographie de la France, année 
1829, p. 596, N* 5299), annonce cette réimpression, comme devant 
être tirée à 150 exemplaires seulement, et publiée à Paris, chez Chail- 
lou-Potrelle, en 2 vol. in-8*. (Prix du vol.: 6 fr.) et 12 livraisons de 
12 planches chacune (Prix de la livr. 12 fr.) — Sur les 12 livraisons 
(total : 144 pi.) annoncées, 8 seulement ont paru, renfermant en 
tout, 96 pi. (plus un portrait) tirées sur papier de Chine remonté sur 
pap. vélin. Le titre de l'Atlas porte la mention : Seconde Édition* 



bibliographie. 3g 



Cette édition est bien réellement ia deuxième : Les deux tirages in-fol. 
de 1802, devant être considérés, en ce qui concerne l'Atlas, comme 
ne faisant qu'une seule et même première édition. 

En regard du titre de l'Atlas de 1829, se trouve placé un beau Portrait 
de Vivant Dexon, lithogr. par H. Garnier d'après une peinture de 
Robert- Lefèvre. Le tableau original, qui a figuré au Salon de 1808, 
fait actuellement partie des collections du Musée de Versailles. (Vid. 
N» 1692 du CatcUog. Eud. Soulié.) 

— Les Planches du Voyage de Denon, pour la plus grande partie, 
ont été réimprimées en 1830, retouchées au burin, dans l'Atlas 
(2 vol. in-4° oblong, contenant 310 planches et 2 caries) de l'Histoire 
scientifique et militaire de l'Expédition française en Egypte. Paris, 
A.-J. Dénain, 1830-36. 10 vol. in-8°. 

— Un certain nombre des Planches les plus intéressantes du 
même Voyage (notamment les Eaux-fortes de Denon, gravées par 
lui en Egypte), ont été réimprimées dans « V Œuvre originale de 
Vivant Denon, 315 Eaux- fortes, avec une Notice par Albert de la 
Fizelière. » Paris, A. Barraud, 1872. 2 vol. gr 1 . in-4*. - Deux tirages 
différents : Pap. de Hollande, avec PI. imprimées en sanguine ou en 
bleu, sur papier de Chine remonté, et Pap. vélin mécanique, PI. 
impr. en noir. 

IL — Éditions françaises, publiées a Londres. 

= Voyage dans la Basse et la Haute-Egypte, pendant les 
campagnes du général Bonaparte, par Vivant Denon. Londres, 
Longmann, 1802, 2 vol. in-4 , et atlas in-folio contenant 61 pi. 
(grav. anglaises d'après les dessins de Denon.). 

Cette édition publiée à Londres (par Jean-Gabriel Peltier, journa- 
liste français retiré à Londres, auteur du pamphlet périodique les Actes 
des Apôtres, etc.), et plusieurs fois réimprimée, à Londres également, 
et dans le même format, notamment en 1803 et en 1804, est (comme 
l'édition de Londres, 1807, citée plus loin), un hommage rendu à 
l'intéressant ouvrage de Denon. a Elle coûtait à l'origine 150 fr. , 
pap. ordin. et plus en gr. papier. » Le premier volume seul contient 
le texte du Voyage de Denon, lequel « renferme (dit Brunet) des 
corrections assez nombreuses et est mis dans un nouvel ordre. » 
Le second est composé de l'Explication des Planches, et augmenté 
d'un appendice très étendu, dans lequel sont compris des Relations 
particulières et des Mémoires, rédigés par des officiers et différents 
savants français, Me.nbres de l'Expédition d'Egypte : MM. Grobert, 
Derozières, Gh. Norry, le général Andréossy, Malus, Le Père, 
Lancret, Ghabrol, Nouet, Fourier, Gostaz et Monge. Ces Mémoires 



40 bibliographie. 



ne se trouvent pas dans les éditions publiées à Paris, par Denon. — 
a Mais (dit Brunet), si ces augmentations donnent quelque prix à 
l'édition de Londres, elle est fort inférieure à celle de Paris pour 
l'exécution typographique et surtout pour les planches qui de 141, 
ont été réduites à 60. » 

= Voyages dans la Basse et la Haute-Egypte, pendant les 

campagnes de Bonaparte en 1798 er 1799, par Vivant Denon et 

les savants attachés à l'Expédition des Français. A Londres, 

1807^ imprimé pour Samuel Baxter. 2 vol. in-4 , et atlas 

in-folio de 109 planches. 

Cette édition a été réimprimée à Londres, et dans le même format, 
eu 1809. (Vid. Lowndes. Bîbliogr. Manuaî). 

Les deux éditions sont ornées de 109 planches in-folio, dessinées et 
gravées en taille-douce par des artistes anglais, d'après les gravures 
de l'édition originale de Didot, 1802.. Ces planches, quoique assez soi- 
gnées, sont sans valeur artistique. Ce ne sont que de pâles copies, 
incolores, de celles de Paris, qui, elles, ont toutes été gravées sous 
la direction immédiate de Fauteur, et par des artistes spéciaux pour 
chaque genre, et expressément choisis par lui. Le premier volume 
seul de cette édit. anglaise, est composé du Voyage de Denon. Le 
second (comme dans redit, donnée à Londres, en 1802, par Peltier) 
comprend : l'Explication des Planches et divers Mémoires, écrits 
par des savants et des officiers, anciens Membres de l'Expédition 
française. 

III. — Traductions anglaises. 

= Travels in Upper and Lower Egypt, in company with 

several divisions of the French army, during the campaigns of 

gênerai Bonaparte in that country, and published under his 

immédiate patronage by Vivant Denon. Embellished with nu. 

merous engravings. Translated by Arthur Aikin. London, 

printed for J.-N. Longman and O. Rees, 1803. 3 vol. in-8\ 

A la fin du Tome 111 e , se trouve une liste de 60 planches, intercalées 
dans le texte des trois volumes. Ces planches sont numérotées de 

1 à 22, 24 à 50, et 52 à 62. — W. -Th. Lowndes, dans a the Biblio* 
grapher's manuaî ofmglish Itterature, » indique deux autres éditions 
antérieures de date à celle-ci, de la même traduction : « Lond. 1802, 

2 vol. in-4°. — Reprinted, 1802, 2 vol. in-8°. » — Lowndes ajoute 
que cette traduction est la meilleure en langue anglaise : « The best 
English translation. » 



bibliographie. 41 



= Travels in Upper and Lower Egypt, in company with 
several divisions of the French army under the command of 
gênerai Bonaparte, by Vivant Denon. Embellished with Maps, 
Plates, Vignettes, etc. Translated, without abridgement from the 
original folio éditions, by Francis Blagdon esq*. — London, 
James Bidgway, 1802. 2 vol. in-18. Tomei er : lii-vni-352 pages, 
1 carte géog. et 3 pi. grav. sur acier, se déployant, non signées, 
d'après Denon ; tome n : xn-384 pages, 1 carte et 1 grav. sur 
acier, se déployant. — Quelques petites vignettes, assez gros- 
sièrement gravées sur bois, d'après Denon, sont imprimées dans 
le texte, dans les deux volumes. 

Cette édition fait partie d'une collection intitulée : « Modem discove- 
ries... or a collection of facts and observations... from the works of 
tminent authors, by Francis Blagdon. » etc. Lowndes cite une autre 
édition de cette môme traduction : a Lond. 1803, 2 vol. in-8*. with 
maps, plates, etc. » 

Lowndes indique encore une autre traduction, à laquelle est ajoutée 
une description de l'Invasion de l'Egypte par les Français : « To which 
is prefixed an historical Account of the Invasion of Egypt by the 
French. By E.-A. Kekdal. Lond. 1802, 2 vol. in-8*. » 

IV. — Traductions allemandes. 

= Reisen durch Ober und Unter-Egypten waehrend Bona- 
parte's Feldzùgen. Von Vivant Denon. Theil I : Hamburg und 
Mainz [Hambourg et Mayence], bei Gottfried Vollmer, 1803, 
in-8°, xx-290 Seiten. Theil II : zweite gaenzlich umgearbeitete, 
verbesserte und doch wohlfeilere Auflage. ib. s. a. in-8°, 296 
Seiten. 

(Bildet Band 1 und 2 des Magazins der neuesten und besten 
auslaendischen Reisebeschreibungen.) 

= Vivant Denon's Reise in Nieder und Ober-jEgypten, 
waehrend der Feldzùge des Gênerais Bonaparte. Aus dem Fran- 
zôsischen ùbersetzt und mit einigen Anmerkungen begleitet von 
Dieterich Tiedemann. Mit acht Kupfern. Berlin, in der Vos- 



42 bibliographie. 



sischen Buchhandlung, 1803, in-8°, xvin-376 Seiten, und 

1 unpaginirtes Blatt. 

(Bildet Band 25 des « Magazin von merkwùrdigen neuen 
Reisebeschreibungen aus fremden Sprachen ùbersetzt. » Berlin, 
Christian Friedrich, 1790-1828. 37 vol. in-8°.) 

Outre ces deux Traductions allemandes, il en a paru une troi- 
sième, qui est plutôt un Abrégé du Voyage de De non, corrigé et mis 
à la portée de la Jeunesse. Ce volume fait partie de la collection- 
F.-À.-L. M att h a ei. Sainmlung merkwùrdiger Reisen fur die Jugend. 
Mit Kupfern. Hannover [Hanovre], Hahn, 1807-1810, in-8\ Band I : 
John Tornbulls Reise um die welt. Band II : Vivant Dehors Reise 
nach i£gypten. — Ce second volume a été réimprimé séparément, 
en 1824, sous ce titre : « Vivant DexoVs Reise nach jEgypten, fur 
die Jugend bearbeilet von Friedrich-An t. -Le vin Matthaei. Zweite 
wohlfeile Ausgabe mit einein Kupfer. Hannover, Hahn, 1824 », 1 vol. 

V. — Traductions hollandaises. 

=5 Reiien in Opper-en Neder-Egypten, geduurende de 
veldtogten van dcn generaal Buonaparte, door den heer Vivant 
Denon. Uit het Fransch vrijelijk vertaald. Woorafgegaam door 
een geschiedkundig verhaal der verovering van Egypten door 
de Franschen door den Heer E.-A. Kendal. Met kaarten en 
plaaten. In den Haage [La Haye], J.-C. Leeuwestijn. 1803, 

2 vol. in-8°. Tome I er : cvn-389 pages, 2 cartes se déployant, 
et 4 pi. gravées par H. Roosing, d'après les dessins de Denon, 
de l'édit. de Didot, 1802 ; — tome 11 : 455 pages et 3 pi. (dont 2 
se déployant) grav. par le même. 

= Reize in Opper-en Neder-Egipte, gedurende den veld" 
tocht van Bonaparte, door Vivant Denon. Uit het Fransch door 
Herm. Bosscha. Met. de woornaamste platen. Amsterdam, 
Johannes AllaH, 1803-4, 2 vol. in-8°.Tome I er : xxx-325 pages, 
1 carte géogr. et 20 pi. se déploy. gravées, d'après les dessins 
de Denon, par Vinkeles et Vrydag ; — Tome u : 312 pages, 1 carte, 
et 11 pi. id. grav. par les mêmes. 



ê* 



'Bibliographie. 



VI. — Traduction italienne. 

= Viaggio nel Basso ed Alto Egitto, illustrato dietro aile 
tracce e ai Disegni del sig™ Denon. Firenxe [Florence], 
presao Giuseppe Tofani, 1808, 2 vol. in-folio-Max: (Texte 

seul) 1 vol. de xn-214 pages, et 1 Atlas de 154 planches. 

Cet ouvrage, à proprement parler, n'est pas une traduction du 
Voyage de Denox. La narration de ce célèbre savant a été presque 
totalement supprimée par l'Éditeur italien, l'Abbé François-Antoine 
Foxtani (et non Fonlana, comme l'imprime, a tort, Bruket}, alors 
Bibliothécaire à la Ricardiana. L'Abbé Fontani s'est contenté de 
faire reproduire l'Atlas de Denox, en le disposant dans un nouvel 
ordre et en ajoutant (en un vol.) des notes explicatives pour Faciliter 
l'intelligence des planches. — Les 154 pi. qui décorent cet ouvrage, 
toutes gravées sur cuivre, à l'aqua-teinte, au burin, et a la pointe, ont 
été exécutées k Florence, d'après les gravures de l'édition originale 
de Paris, par les artistes italiens dont les noms suivent : Joseph 
Pera, Angelo Volplnl, François Inghiranni, Jean-Baptiste Cocchi, 
Benedetto Eredi, Jean Pacini, et Chev Coslmo Rossi. — Chaque 
planche est signée par le graveur qui l'a reproduite. Les sept pre- 
mières planches sont marquées de A. à G., les autres sont simplement 
numérotées de. 1 à 144. Le vol. est orné d'un petit portrait du tra- 
ducteur. — Le nombre des gravures de cette édition ilalienne dé- 
passe celui des PI. de l'Atlas de Denon, parce que l'éditeur de Flo- 
rence a fait graver et imprimer séparément des planches qui se 
trouvent parfois réunies sur une seule et même feuille dans la 
grande édition parisienne. — J'ajouterai encore, pour être complet, 
qu'une note du Catalogue des Ouvragsi à figwei du Cabinet Denon, 
1BS6 (N' 765), attribue aussi cette traduction ItM. Giovanni deoli 
Alessandri 0. 

U. R.-D. 



ACHEVE UIMPRIMER 
SUR LES PRESSES 

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A. AUPETIT, IMPRIMEUR 

A CHATEAUROUX (iNDRE), 

LE XXV AOUT 
M DCCC LXXX. 



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DU CABINET 



DU BARON VIVANT DENON 



PAR 







Portrait du Baron Vivant Denon, 
dessiné et gravé à l'eau-forte, par lui-même. 







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omez VIGNÉRES, éditeur d'estampes, rue DE LAMOXXAIE, 21, 

(AU PREMIER); 

et chez ARNAUD et LABAT, libraires, 

PALAIS-ROYAL, 21 5. 
I880. 



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